Habitat inclusif, de quoi parle-t-on ?
Bien plus que d’offrir un abri, de disposer de son « chez soi », l’habitat inclusif est apparu comme une alternative pour habiter autrement et ce d’autant plus depuis le rapport « Demain, je pourrai choisir d’habiter avec vous » de Jacques Wolfrom et Denis Piveteau, en juin 2020.
Au travers cette dynamique, c’est bien l’inclusion qui est favorisée. L’approche ne se limitant pas au lieu, aux murs et au toit. Habiter est bien plus vaste. C’est vivre, aimer, agir, être citoyen parmi et avec tous les autres.
C’est forts de cette dynamique que des usagers des MAPH-Psy d’Espoir 54 à Briey et Vandoeuvre, exprimant leur peur de la solitude, participent et construisent ensemble le projet de vie sociale et partagée, fondement de l’habitat inclusif.
Ce dispositif permet également de répondre aux besoins et demandes identifiées sur ces territoires.
L’habitat inclusif, tel qu’il a été pensé avec le groupe d’usagers volontaires, s’ouvre à toute personne qui souhaite faire le choix de vivre dans un logement autonome tout en partageant des moments collectifs avec les autres habitants, telles que des activités de convivialité, sportives, ludiques ou culturelles.
Cette manière de vivre autrement, à mi-chemin entre le logement autonome et le collectif, tient compte de l’écoute portée aux personnes souffrant d’un trouble psychique : « je souhaite avoir un chez moi, mais j’ai également peur de me retrouver seul… J’ai besoin d’avoir un lieu collectif, des services diversifiés autour de moi, de vivre à proximité des commerces »
Habiter, vivre ensemble et être citoyen : voilà notre ambition.
Cette démarche collective ne peut se faire qu’avec celles et ceux qui bénéficieront de ce projet, car bien plus que d’offrir un logement, de disposer d’un « chez soi », d’un espace intime, cette façon de vivre autrement contribue au bien-être, préserve la santé mentale, permet de construire son identité et d’affirmer sa dignité. L’habitat inclusif permet un accès à des activités communes à tous les locataires, élaborées dès la construction du projet par chacun sous forme d’une charte.
Cette dernière prend en compte les besoins et les inquiétudes de chacun afin de favoriser la meilleure insertion possible.
Ne serait-ce pas aussi une démarche vers le chemin du rétablissement, alliant autonomie, intégration dans la société en favorisant le « vivre ensemble » et le pouvoir du collectif qui permet à chacun de s’impliquer, de se soutenir, de bouger… ?
« Mettons en commun ce que nous avons de meilleur et enrichissons-nous de nos mutuelles différences »
Paul Valéry